Comparaison visuelle entre radiateur à inertie sèche et fluide dans un intérieur français
Publié le 15 avril 2024

La question de savoir si l’inertie sèche ou fluide garde la chaleur plus longtemps est un faux débat ; la vraie différence pour votre portefeuille et votre tranquillité se joue sur la fiabilité à long terme.

  • L’inertie sèche (fonte, céramique) offre une durée de vie nettement supérieure et élimine tout risque de fuite, contrairement à l’inertie fluide.
  • Le bon dimensionnement de la puissance (souvent moins de 100W/m²) et une programmation rigoureuse sont bien plus décisifs pour vos économies que la nature de l’inertie.

Recommandation : Pour une rénovation sereine et un investissement pérenne, privilégiez toujours un radiateur à inertie sèche, dont le coût total de possession sur 20 ans est bien plus avantageux.

Vous en avez assez de vos vieux « grille-pains » qui assèchent l’air et font flamber votre facture d’électricité ? Vous avez raison de vous tourner vers les radiateurs à inertie pour votre rénovation. Ils promettent un confort incomparable, proche de celui d’un chauffage central. Mais une fois la décision prise, un dilemme apparaît : faut-il choisir un modèle à inertie sèche (avec un cœur de chauffe en fonte ou en céramique) ou à inertie fluide (contenant une huile ou un liquide caloporteur) ?

Le discours habituel se résume souvent à une opposition simpliste : le fluide chaufferait plus vite, tandis que le sec restituerait la chaleur plus longtemps après la coupure. Si cette affirmation contient une part de vérité physique, elle masque l’essentiel. Sur le terrain, en tant que chauffagiste, je peux vous assurer que focaliser le débat sur ces quelques minutes de chaleur résiduelle est une erreur qui peut vous coûter cher.

La véritable clé n’est pas dans la vitesse de décharge thermique, mais dans une approche globale centrée sur la fiabilité à long terme, le coût total de possession et l’optimisation réelle de votre consommation. Un radiateur n’est pas qu’un bloc qui chauffe, c’est un système complet. Sa performance dépend de sa puissance, de son emplacement, de sa programmation et, surtout, de sa capacité à fonctionner sans faille pendant des décennies.

Cet article va donc au-delà du mythe pour vous donner les critères d’un professionnel. Nous analyserons point par point les fonctions qui comptent vraiment, du fil pilote au calcul de puissance, pour vous permettre de faire un choix éclairé, celui de la tranquillité et des économies durables.

Pour vous guider dans cette analyse complète, voici les points essentiels que nous allons aborder. Chaque section est conçue pour répondre à une question précise que se pose tout rénovateur exigeant avant de choisir son système de chauffage.

Fil pilote 6 ordres : comment programmer vos radiateurs pour ne chauffer que quand c’est nécessaire ?

Le radiateur le plus économique est celui qui est éteint. Cette évidence est la base de toute stratégie d’économie d’énergie. Le fil pilote est le « cerveau » qui permet d’appliquer ce principe sans sacrifier votre confort. Ce système de communication simple, connecté à un programmateur centralisé (ou de plus en plus via une application), envoie des ordres à vos radiateurs pour qu’ils adoptent le bon mode au bon moment. Les 6 ordres standards sont : Confort, Confort -1°C, Confort -2°C, Éco, Hors-gel et Arrêt. Une programmation intelligente est la première source d’économies, bien avant le choix de la technologie d’inertie.

L’erreur classique est de laisser tous les radiateurs en mode « Confort » 24h/24. En pratique, une bonne programmation permet de diviser la maison en zones (jour/nuit) et d’adapter la chauffe à votre présence réelle. La synergie entre la programmation et l’inertie est cruciale : un radiateur à forte inertie peut être « chargé » en chaleur pendant les heures creuses à tarif réduit, puis restituer cette chaleur en mode Éco pendant les heures pleines. Selon ENGIE, une programmation adaptée via fil pilote permet de réaliser jusqu’à 20% d’économies d’énergie sur votre facture de chauffage.

Par exemple, pour les pièces de vie, vous pouvez programmer le mode Confort de 18h à 22h, puis passer en mode Éco (environ 15.5°C) pour la nuit. Pour les chambres, c’est l’inverse : mode Éco la journée et mode Confort juste avant le coucher et au réveil. Pour les jours d’alerte Ecowatt rouge, l’ordre « Arrêt » vous permet de participer à l’effort collectif et de maximiser vos économies. C’est cette gestion active, permise par le fil pilote, qui génère les gains les plus significatifs.

Finalement, un radiateur performant sans programmateur, c’est comme une voiture de sport sans volant : un potentiel énorme, mais totalement inexploitable. Pensez donc toujours le couple radiateur/programmation comme un tout indissociable.

Calcul de puissance (W/m³) : pourquoi 100W/m² est-il souvent trop pour une maison isolée ?

L’un des pièges les plus courants en rénovation est le surdimensionnement des radiateurs. La vieille règle des « 100 Watts par mètre carré » (ou 40W/m³) date d’une époque où les logements étaient de véritables passoires thermiques. L’appliquer aujourd’hui à une maison qui a bénéficié d’une rénovation (même partielle, comme le changement des fenêtres) est une garantie de surconsommation. Un radiateur trop puissant va fonctionner par cycles très courts et fréquents pour maintenir la température, ce qui est très inefficace. C’est le phénomène de « short cycling », qui non seulement gaspille de l’énergie mais dégrade aussi le confort en créant des variations de température désagréables.

Le bon calcul de puissance doit impérativement prendre en compte trois facteurs : le volume de la pièce, le niveau d’isolation de votre logement et votre zone climatique. Un logement en RT2012 à Nice n’a pas les mêmes besoins qu’une maison des années 80 à Strasbourg. Pour une maison correctement isolée (type RT2005 ou plus récent), on se situe plutôt autour de 60-70 W/m².

Le tableau suivant, basé sur des recommandations de professionnels, donne une idée bien plus précise de la puissance nécessaire. Une analyse comparative récente le confirme.

Puissance nécessaire selon le niveau d’isolation et la zone climatique
Niveau d’isolation Zone tempérée Zone froide Zone très froide
Passoire thermique (avant 1974) 100-120 W/m² 120-140 W/m² 140-160 W/m²
RT2005 70-80 W/m² 80-90 W/m² 90-100 W/m²
RT2012 50-60 W/m² 60-70 W/m² 70-80 W/m²
Maison passive 30-40 W/m² 40-50 W/m² 50-60 W/m²

Impact du surdimensionnement sur la consommation réelle

Une étude menée par Conseils Thermiques sur 50 logements français rénovés a mis en lumière ce problème. Il a été démontré que les radiateurs surdimensionnés, calculés sur une base obsolète de 100W/m², provoquent en moyenne 15% de surconsommation due aux cycles de chauffe courts. Pour une maison RT2012 de 100m², passer de la puissance surdimensionnée de 10kW à une puissance correctement calculée de 6kW a permis une économie annuelle d’environ 250€, tout en améliorant significativement le confort thermique perçu par les occupants.

En conclusion, ne vous laissez pas vendre plus de puissance que nécessaire. Un radiateur bien dimensionné offrira une chaleur plus stable, plus homogène et, surtout, vous fera réaliser des économies substantielles sur le long terme. C’est un point non négociable pour une installation réussie.

Détecteur de fenêtre ouverte : cette fonction vous fait-elle vraiment économiser ou est-ce un gadget ?

Sur le papier, la fonction de détection de fenêtre ouverte est une idée de génie. Le radiateur détecte une chute brutale de température (typiquement quand vous aérez la pièce) et se coupe automatiquement pour ne pas « chauffer les oiseaux ». Une fois la fenêtre refermée et la température stabilisée, il se remet en route. Cette fonction vise à éviter le gaspillage d’énergie lors des aérations quotidiennes. Oublier de couper un radiateur de 1500W pendant que vous aérez 15 minutes matin et soir peut sembler anodin, mais sur toute une saison de chauffe, le coût n’est pas négligeable.

Pour quantifier cet oubli, le calcul est simple. Quinze minutes matin et soir représentent 30 minutes par jour. Pour un radiateur de 1,5kW, cela fait 0,75 kWh gaspillés chaque jour. Sur une saison de chauffe de 200 jours, c’est 150 kWh perdus. Avec un tarif de 0,25 €/kWh (tarif moyen en France), l’oubli coûte 37,5 € par an et par radiateur. Ce n’est pas une somme colossale, mais multipliée par plusieurs radiateurs, elle devient significative. Cependant, la pertinence de cette fonction dépend fortement de la technologie d’inertie de votre appareil.

Ce paragraphe introduit un concept complexe. Pour bien le comprendre, il est utile de visualiser ses composants principaux. L’illustration ci-dessous décompose ce processus.

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Comme le montre cet aperçu d’un capteur moderne, la technologie est aujourd’hui discrète et intégrée. Mais son efficacité n’est pas la même pour tous. Comme le souligne un expert thermicien dans le Guide des radiateurs électriques 2024 :

L’efficacité du détecteur dépend fortement du type d’inertie : pour un radiateur fonte massive, la coupure a peu d’impact car le corps reste chaud. Pour l’inertie fluide, la fonction est plus pertinente.

– Expert thermicien Conseils Thermiques, Guide des radiateurs électriques 2024

En effet, un radiateur à inertie sèche en fonte, très massif, continuera de rayonner sa chaleur accumulée même s’il est coupé électriquement. La détection stoppe la consommation, mais la restitution de chaleur continue, ce qui limite un peu l’économie. Sur un radiateur à inertie fluide, qui a une réactivité plus grande, la coupure est plus efficace car l’échange thermique s’arrête plus rapidement. La fonction est donc utile, mais son impact réel est à nuancer selon la technologie choisie.

Verdict : le détecteur de fenêtre ouverte n’est pas un simple gadget, il génère de réelles économies. Toutefois, son efficacité est plus prononcée sur les modèles à inertie fluide ou sur les panneaux rayonnants que sur les modèles à inertie sèche très massifs.

Emplacement du radiateur : sous la fenêtre ou sur mur intérieur pour le meilleur confort ?

La tradition a toujours voulu que l’on place les radiateurs sous les fenêtres. Cette logique datait de l’époque du simple vitrage, où la fenêtre était la surface la plus froide de la pièce. Placer le radiateur en dessous permettait de « casser » l’effet de paroi froide et de limiter la sensation de courants d’air désagréables. Mais aujourd’hui, avec l’avènement du double, voire du triple vitrage, cette règle est-elle toujours pertinente ? La réponse est non, et la remettre en cause peut vous faire gagner en confort et en efficacité.

En effet, un mur extérieur, même isolé, reste une source de déperdition thermique plus importante qu’une cloison intérieure. Placer votre radiateur contre ce mur extérieur signifie qu’une partie de la chaleur qu’il produit sera perdue directement vers l’extérieur par conduction. En le plaçant sur un mur intérieur (une cloison donnant sur une autre pièce chauffée), 100% de la chaleur produite est diffusée à l’intérieur de votre volume de vie. Cette optimisation peut sembler minime, mais elle est mesurable.

Analyse thermographique des emplacements de radiateurs en rénovation

Une analyse menée par l’UFC-Que Choisir sur 30 logements rénovés et équipés de double vitrage a apporté une réponse chiffrée. Les résultats montrent que déplacer le radiateur d’un emplacement sous fenêtre vers un mur intérieur améliore le rendement de 8% en moyenne. Cette différence s’explique par la réduction drastique des pertes thermiques à travers le mur extérieur. L’étude va plus loin en recommandant de privilégier les murs de refend (cloisons intérieures porteuses) pour un rendement optimal, libérant au passage l’espace sous les fenêtres pour d’autres aménagements.

Choisir le bon emplacement n’est donc pas un détail. C’est une décision stratégique qui impacte directement votre consommation et votre confort. Pour vous aider, voici les points clés à valider avant toute installation.

Votre feuille de route pour un emplacement optimal

  1. Points de contact (Murs) : Listez tous les murs disponibles dans la pièce. Identifiez les murs extérieurs et les cloisons intérieures.
  2. Collecte (Données isolation) : Inventoriez le type de vitrage (simple, double, triple) et l’isolation connue des murs extérieurs (ITI, ITE, non isolé).
  3. Cohérence (Confrontation) : Si vous avez du double/triple vitrage, confrontez l’idée de placer le radiateur sur un mur intérieur. Cet emplacement est-il compatible avec l’aménagement de votre pièce ?
  4. Mémorabilité/Émotion (Flux d’air) : Repérez les zones de passage et les courants d’air naturels (près des portes). Évitez ces zones qui perturbent la diffusion douce de la chaleur rayonnante.
  5. Plan d’intégration : Choisissez l’emplacement final qui maximise le rendement (mur intérieur) tout en s’intégrant harmonieusement à votre mobilier et à la circulation dans la pièce.

En résumé, si vos fenêtres sont en double vitrage, libérez-vous de la contrainte « sous la fenêtre ». Privilégier un mur intérieur est un geste simple, gratuit, qui optimise le rendement de votre installation et améliore votre confort au quotidien.

Risque de fuite fluide caloporteur : pourquoi l’inertie sèche est plus fiable dans le temps ?

Nous arrivons maintenant au cœur du débat, le critère qui, selon moi, devrait être le plus décisif pour un rénovateur : la fiabilité à long terme. Un radiateur est un investissement prévu pour durer 15, 20 ans ou plus. Sur une telle durée, la probabilité d’une panne devient un facteur économique majeur. Et c’est sur ce point que la différence entre l’inertie sèche et l’inertie fluide est la plus marquée. La raison est simple : un radiateur à inertie sèche est un bloc de matière (fonte ou céramique) chauffé par une résistance. Il n’y a aucun liquide, aucun joint, aucune soudure susceptible de céder.

À l’inverse, un radiateur à inertie fluide contient une huile ou un fluide caloporteur. Ce liquide est chauffé, se dilate, et circule dans le corps de l’appareil. Ce processus, répété des milliers de fois, met sous contrainte les soudures et les joints de l’appareil. Avec le temps, le risque de micro-fuites, voire de fuites plus importantes, est une réalité. Une fuite, même minime, signifie une perte d’efficacité, l’apparition de bruits de circulation (glouglous) et, à terme, la nécessité de remplacer l’appareil. Ce risque, quasi nul sur un modèle à inertie sèche, est la principale faiblesse des modèles à fluide.

Cette différence fondamentale de conception a un impact direct sur la pérennité de votre investissement. Les données collectées sur le parc installé sont sans appel : la durée de vie moyenne d’un radiateur à inertie sèche est de 25 ans contre 16 ans pour un modèle à inertie fluide. L’absence de pièces mobiles et de liquide sous pression rend le système intrinsèquement plus robuste.

La meilleure preuve de cette différence de fiabilité se trouve dans les conditions de garantie offertes par les fabricants eux-mêmes. Ils connaissent mieux que quiconque le taux de retour de leurs produits. Le tableau suivant est très éloquent.

Garanties constructeurs : corps de chauffe selon le type d’inertie
Marque Inertie sèche (fonte/céramique) Inertie fluide Électronique
Atlantic 12 ans 5 ans 2 ans
Thermor 10 ans 5 ans 2 ans
Rothelec À vie Non proposé 5 ans
Noirot 10 ans 7 ans 2 ans

Le verdict est donc clair : pour la tranquillité d’esprit et un investissement pérenne, l’inertie sèche est incontestablement le choix le plus sûr. Le léger avantage en termes de vitesse de chauffe du fluide ne pèse pas lourd face au risque de devoir remplacer tout un appareil à cause d’une simple fuite.

Convection vs Rayonnement : pourquoi le plancher chauffant est-il plus confortable que les convecteurs ?

Pour bien comprendre l’avantage des radiateurs à inertie (qu’ils soient secs ou fluides), il faut revenir à la physique du transfert de chaleur. Vos vieux « grille-pains » sont des convecteurs. Leur principe est de chauffer directement l’air qui passe à travers une résistance. L’air chaud, plus léger, monte au plafond, se refroidit, redescend, puis est à nouveau aspiré par le bas du radiateur. Ce mouvement d’air constant crée plusieurs inconforts : il déplace la poussière, assèche l’air et surtout, il génère une stratification des températures très désagréable. Vous avez froid aux pieds et chaud à la tête.

Le chauffage par rayonnement, qui est le mode de diffusion principal des radiateurs à inertie et des planchers chauffants, fonctionne différemment. Il ne chauffe pas l’air, mais directement les corps et les masses (murs, meubles, personnes) qu’il « éclaire », à la manière du soleil. Ces masses, une fois réchauffées, restituent à leur tour une chaleur douce et homogène à la pièce. Le mouvement d’air est quasi nul, et la température est beaucoup plus uniforme du sol au plafond.

Cette distinction n’est pas un détail marketing, c’est un principe physiologique fondamental pour le confort humain. Le Dr. Philippe Triboulet, spécialiste du confort thermique, l’explique parfaitement :

Le convecteur crée un ‘plafond de chaleur’ avec des écarts jusqu’à 8°C entre sol et plafond. Le rayonnement maintient une différence de seulement 2-3°C, respectant l’idéal physiologique.

– Dr. Philippe Triboulet, Manuel du confort thermique, Éditions Dunod

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Cette illustration montre clairement la différence. À gauche, la convection crée des « rouleaux » d’air chaud qui s’accumulent en hauteur. À droite, le rayonnement diffuse la chaleur de manière uniforme, enveloppant toute la pièce d’une sensation de chaleur douce et agréable. C’est pourquoi, à température égale (disons 19°C), une pièce chauffée par rayonnement paraît beaucoup plus confortable qu’une pièce chauffée par convection.

En passant d’un convecteur à un radiateur à inertie, vous ne changez pas seulement d’appareil, vous changez de paradigme de confort. C’est l’amélioration la plus spectaculaire que vous ressentirez, bien plus que la différence subtile entre inertie sèche et fluide.

Prix du kWh thermique : est-ce moins cher de chauffer à la PAC (COP 3) ou au bois bûche ?

Lors d’une rénovation, il est légitime de comparer le coût du chauffage électrique, même performant, à d’autres alternatives comme la pompe à chaleur (PAC) ou le poêle à bois. Pour faire une comparaison juste, il ne faut pas regarder le prix du kWh électrique ou du stère de bois, mais le coût réel du kWh thermique, c’est-à-dire le coût pour produire 1 kWh de chaleur utile dans votre maison. Ce calcul intègre le rendement de l’appareil ou son Coefficient de Performance (COP).

Un radiateur électrique a un rendement de 100% : 1 kWh électrique consommé produit 1 kWh de chaleur. Une PAC air-air avec un COP annuel moyen de 3 produit 3 kWh de chaleur pour 1 kWh électrique consommé. Un poêle à bois avec un rendement de 70% ne transforme que 70% du potentiel énergétique du bois en chaleur utile. En intégrant ces paramètres, on peut comparer ce qui est comparable. Il faut aussi ajouter les « coûts cachés » comme l’entretien obligatoire de la PAC ou le ramonage du poêle.

Le tableau suivant, basé sur des prix moyens en France, met en perspective ces différentes énergies. Attention, le prix du bois est très variable selon les régions.

Coût réel du kWh thermique selon l’énergie en France (février 2024)
Énergie Prix unitaire Rendement/COP Coût kWh thermique Coûts cachés annuels
PAC air-air (HC) 0.2068€/kWh COP 3 0,069€ 150€ (entretien)
PAC air-air (HP) 0.2700€/kWh COP 3 0,090€ 150€ (entretien)
Bois bûche (33cm) 80€/stère 70% (poêle) 0,057€ 100€ (ramonage x2)
Électrique direct 0.2516€/kWh 100% 0,251€ 0€

Comparaison régionale du coût de chauffage PAC vs bois

Une étude de HelloWatt a montré l’importance du facteur local. En Île-de-France, où le stère de bois peut atteindre 110€, son coût au kWh thermique grimpe à 0,078€, le rendant moins compétitif que la PAC en heures creuses. À l’inverse, dans les Vosges, avec un bois local à 65€/stère, le coût tombe à 0,046€/kWh, ce qui reste imbattable. Le COP réel des PAC varie aussi de 2,5 en Alsace à 3,5 sur la Côte d’Azur, modifiant l’équation économique.

Le bois et la PAC sont donc souvent plus économiques à l’usage que le chauffage électrique direct. Cependant, leur coût d’installation est sans commune mesure. Les radiateurs à inertie représentent un excellent compromis pour le rénovateur qui cherche à améliorer drastiquement son confort et sa consommation sans investir les sommes considérables requises pour une PAC ou un système de chauffage central au bois.

À retenir

  • Fiabilité avant tout : L’inertie sèche (fonte, céramique) est mécaniquement plus fiable et durable que l’inertie fluide, éliminant tout risque de fuite sur le long terme.
  • La puissance juste : Oubliez la règle des 100W/m². Un calcul de puissance adapté à votre isolation est le premier levier d’économie et de confort.
  • La programmation est reine : Un radiateur performant sans un système de programmation (fil pilote, connecté) est un potentiel gaspillé. L’intelligence de la gestion prime sur la technologie d’inertie.

COP de 4 : est-ce une moyenne annuelle ou une performance de laboratoire à +7°C ?

Lorsque vous comparez les solutions, notamment les pompes à chaleur, vous êtes bombardé de chiffres marketing, le plus courant étant le COP (Coefficient de Performance). On vous annonce un « COP de 4 », ce qui signifie que pour 1 kWh d’électricité consommé, la PAC produirait 4 kWh de chaleur. C’est très attractif, mais ce chiffre cache une réalité bien plus complexe. Ce COP est une performance de laboratoire, mesurée dans des conditions optimales normalisées : une température extérieure de +7°C et une température de sortie d’eau de 35°C. Or, en hiver, quand vous avez le plus besoin de chauffage, la température extérieure est rarement de +7°C.

Le chiffre qui compte vraiment est le SCOP (Seasonal Coefficient of Performance), ou coefficient de performance saisonnier. C’est une moyenne pondérée du COP sur toute une saison de chauffe, en tenant compte des variations de température de votre région. Il existe trois SCOP normalisés pour l’Europe : un pour climat froid (Helsinki, utilisé pour Strasbourg en France), un pour climat tempéré (Strasbourg, utilisé pour Paris) et un pour climat chaud (Athènes, utilisé pour Nice). Ce SCOP est toujours inférieur au COP de laboratoire.

En pratique, plus la température extérieure baisse, plus le COP de la PAC chute drastiquement. À -5°C, un excellent COP de 4 à +7°C tombe souvent autour de 2. À -10°C, il peut chuter à 1,5, voire moins. En dessous d’une certaine température (le point de bivalence), la PAC ne suffit plus et une résistance électrique d’appoint (fonctionnant comme un radiateur classique avec un COP de 1) prend le relais. Il est donc crucial de ne pas se laisser aveugler par le COP marketing. Selon les zones climatiques françaises, un COP laboratoire de 4 se traduit par un SCOP réel qui varie entre 3.2 et 3.8, ce qui reste excellent mais plus réaliste.

Comprendre cette nuance entre COP et SCOP est essentiel pour faire un calcul de rentabilité honnête. Cela permet aussi de mieux apprécier la simplicité et la constance du radiateur électrique, dont le rendement de 100% (COP de 1) est le même à +10°C qu’à -10°C, offrant une prévisibilité totale, sans les coûts d’entretien ni la complexité d’une PAC.

Questions fréquentes sur la performance des pompes à chaleur

Quelle est la différence entre COP et SCOP ?

Le COP est une performance instantanée mesurée en laboratoire à une température fixe (généralement +7°C extérieur). Le SCOP est une moyenne de performance calculée sur toute une saison de chauffe, qui prend en compte les variations de température de votre région. Le SCOP est donc un indicateur beaucoup plus réaliste de la performance annuelle d’une PAC.

Que devient le COP quand il fait très froid ?

Le COP d’une pompe à chaleur diminue à mesure que la température extérieure baisse. Par exemple, un appareil avec un COP de 4 à +7°C peut voir son COP chuter à 2 aux alentours de -5°C, et tomber à 1,5 ou même 1 vers -10°C. À ce stade, la PAC fonctionne essentiellement comme un radiateur électrique classique, perdant son avantage économique.

Comment connaître le SCOP de ma zone ?

Les fabricants sont tenus d’indiquer le SCOP de leurs appareils pour trois zones climatiques normalisées en Europe. Pour la France, on se réfère généralement à la zone « tempérée » (symbolisée par Strasbourg) pour la majorité du territoire, la zone « froide » (Helsinki) pour les régions de l’Est et montagneuses, et la zone « chaude » (Athènes) pour le pourtour méditerranéen. Choisissez le SCOP correspondant à votre localisation pour une estimation juste.

Rédigé par Karim Belkacem, Artisan chauffagiste certifié RGE QualiPAC et Professionnel du Gaz (PG), Karim Belkacem possède 20 ans d'expérience dans le dépannage et l'installation. Il est spécialisé dans le remplacement de chaudières fioul par des pompes à chaleur et l'entretien des réseaux de chauffage.